21-07-2005 |
Préparation de l'EPR... avant le débat public |
Trente ans après le lancement du programme électronucléaire d’eDF et plus de 5 ans après avoir fini le dernier réacteur sans aucune consultation des Français, un débat public va se tenir pour la construction d'un nouveau réacteur nucléaire, le 69e…
En effet, suite à une évolution de la législation, eDF doit dorénavant soumettre le projet EPR (comme tout projet d’infrastructure lourde) au débat public. Ainsi, pour la première fois, l’opportunité de construire un réacteur nucléaire en France va être débattue publiquement, même si la décision finale appartient à eDF et à l’Etat.
Toutefois, alors que le débat n'a pas encore eu lieu, la préparation du site de Flamanville, en Normandie, a débuté pour accueillir l'EPR, ce qui fait dire à H. Gassin, de Greenpeace, que 'Face à la perspective de s’expliquer clairement sur sa stratégie, eDF préfère préparer le terrain et inonder les consommateurs d’une avalanche de publicités sans aucun respect pour le débat public'.
L’EPR (réacteur européen à eau pressurisée), dont la construction devrait débuter en 2007 pour une mise en service à l'horizon 2012, a été conçu par Framatome, une filiale du groupe français Areva et de l'allemand Siemens.
Dit de la 3e génération, ce nouveau réacteur nucléaire ne constitue pas une révolution technologique, mais devrait néanmoins être un peu plus puissant (1 600 mégawatts contre 1 500 pour les réacteurs actuels les plus récents), avoir une longévité d'une soixantaine d'années (environ 40 ans actuellement) et un rendement légèrement supérieur avec 36 % au lieu de 33 %, le reste étant de la chaleur à évacuer. Enfin, son taux de disponibilité devrait être supérieur et passer de 83 à 91 %, tandis qu'il devrait produire 14 % de déchets en moins que les versions actuelles.
Néanmoins, avec un coût de construction estimé entre 3 et 3,5 milliards d’euros à sa charge, il n'est pas évident qu'eDF puisse financer le renouvellement de l'intégralité du parc. Ceci est d'autant plus vrai qu'au fur et à mesure de l'arrêt des réacteurs actuels, il faudra procéder à leur démantèlement, l'opération étant également longue et coûteuse. eDF se tournera-t-elle vers des partenaires privés, probablement, mais encore faudra-t-il les convaincre de s’engager dans un programme aussi lourd que sensible !
Pascal Farcy
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