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24-08-2006

Explosion des cas de fièvre catarrhale ou maladie de la langue bleue

En Belgique, face à l’augmentation des cas de fièvre catarrhale, dite maladie de la langue bleue, l’agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) étend à tout le pays le statut de zone de protection. Ainsi, à partir de vendredi, 0 h 01, aucune espèce sensible à la fièvre catarrhale (y compris sperme, ovules et embryons de ces espèces) ne peut quitter la Belgique. Par ailleurs, si les mouvements de ruminants restent autorisés à l’intérieur du pays, l’interdiction de circulation des ruminants dans un rayon de 20 kilomètres autour des exploitations touchées par la maladie reste de mise.

Ce durcissement des mesures, avec l’extension de la zone de protection à l’ensemble du territoire belge, est lié à l’évolution importante de la maladie. En effet, ce soir, l’agence recense 28 foyers de fièvre catarrhale (8 pour les ovins et 20 concernant des bovins), tous situés dans l’Est du pays, à proximité des Pays-Bas où la maladie a été détectée en premier. En outre, 16 foyers suspects restent en attente de confirmation.
Pour l’AFSCA, si l’augmentation des cas de fièvre catarrhale ne présente aucune inquiétude pour la population et le consommateur, l’impact de la maladie s’avère de plus en plus préjudiciable pour le secteur de l’élevage, tant au plan épidémiologique qu’économique. Par ailleurs, de nombreuses incertitudes entachent encore le tableau pathologique 'classique' de la maladie, aussi des opérations de piégeage vont être mises en place pour valider officiellement l’origine des vecteurs du virus de la fièvre catarrhale.

Faute de traitement curatif contre la fièvre catarrhale, les autorités recommandent de rentrer les animaux la nuit et de les traiter, ainsi que les locaux, régulièrement avec un insecticide afin de lutter contre les culicoïdes, une espèce de petits moustiques de 2 à 3 mm de grandeur.

A ce jour 3 pays sont touchés (Pays-Bas, Belgique, Allemagne). Tous ces pays, auxquels s’ajoute le Luxembourg, ont interdit les mouvements d’animaux sensibles à la fièvre catarrhale du mouton (ainsi que de leur sperme, ovules et embryons) à partir des zones touchées.

La fièvre catarrhale du mouton est une maladie virale susceptible d’affecter toutes les espèces de ruminants. La maladie ne présente aucun danger pour l’homme. Elle a d’abord été recensée en Afrique du Sud où, dans l’antiquité, elle était probablement endémique chez les ruminants sauvages. Depuis, elle a été détectée dans la plupart des pays tropicaux et subtropicaux.
La fièvre catarrhale du mouton apparaît essentiellement lors de températures élevées et de fortes pluies, et disparaît normalement avec l’apparition des premières gelées ou de grands froids. Le premier foyer de la maladie au Pays Bas représente la localisation la plus au nord qui n’ait jamais été diagnostiquée pour la fièvre catarrhale du mouton.

Pour l’OIE (office International des épizooties), la mondialisation, les changements climatiques et le transport toujours plus rapide d’un nombre croissant de marchandises et de passagers sont des facteurs reconnus comme pouvant favoriser la propagation des maladies à travers le monde.
Pascal Farcy

Source Univers Nature / S'abonner pour recevoir les articles par mail

 
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